Les Gaulois n’ont jamais été un peuple uni

On parle souvent des Gaulois comme d’un seul et unique peuple. En réalité, ils étaient plutôt un vaste groupe de tribus, dont certaines étaient alliées… et d’autres ennemies ! Dans cet article, vous allez découvrir qui étaient vraiment les Celtes de Gaule.

Le nom « Gaulois » leur a été donné par Jules César

Les populations que l’on dit « gauloises » appartenaient toutes au peuple celte, une ethnie ayant occupé la quasi-totalité des territoires d’Europe de l’Ouest. Les Celtes appelés « Gaulois » peuplaient un territoire qui s’étendait sur la majeure partie de l’actuelle France, de l’actuelle Allemagne et de l’actuelle Autriche. Cette région fut dénommée Gallia par Jules César, peu avant la conquête.

C’est donc en référence au nom latin de cette province que le gentilé « Gaulois » fut donné à ces Celtes : pour leur part, ces peuples ne se sont jamais considérés comme des « Gaulois » avant leur annexion par l’Empire romain. Bien qu’elle soit très courante, l’expression « les Gaulois et les Celtes » est incorrecte, car les Gaulois étaient des Celtes.

Mais alors, qui étaient ces Gaulois ?

Carte de France présentant les peuples de Gaule avant la conquête

Il existait près d’une centaine de tribus réparties sur la province de Gallia. La plus connue d’entre elles était celle des Arvernes, puissant peuple fédérateur auquel appartenait Vercingétorix et qui s’était établi dans l’actuelle Auvergne. Il y avait aussi les fameux Sénons, des grands guerriers ayant conquis Rome en l’an 390 av. J.C. et qui vivaient dans l’actuelle Bourgogne, plus précisément dans le département de l’Yonne.

D’autres peuples sont réputés pour leurs traditions fascinantes. C’est notamment le cas des Éduens, rivaux de longue date des Arvernes et alliés de Rome, qui avaient pour particularité d’élire annuellement leur chef, dit « vergobret ». Les Éduens sont également connus pour avoir formé, en -100 av. J.C., une confédération contre les Arvernes et pour soutenir les Romains. Pourtant, voyant sa puissance grossir, ils s’allieront à Vercingétorix pendant la guerre contre Jules César. Ils iront même jusqu’à le couronner roi des Gaulois… sans pour autant entrer en guerre avec Rome ! Malins, nos ancêtres, n’est-ce pas ?

En dépit de leurs rivalités fluctuantes, les tribus gauloises partageaient la même langue, ainsi qu’une culture et des coutumes très similaires. Celles-ci se distinguaient de celles des autres « barbares ». Les Gaulois vivaient dans des fermes campagnardes ou dans des villages fortifiés, contrairement à leurs voisins, les Germains, qui peuplaient majoritairement la forêt. C’est probablement ces nombreux points communs qui ont poussé Jules César à ranger tous ces groupes dans la même catégorie.

En quoi ne formaient-ils pas une nation ?

La hiérarchie celte était toujours très bien organisée

Les Gaulois n’ont, en réalité, jamais constitué une entité commune. Ils ont toujours été divisés, en particulier en ce qui concerne la politique. Par exemple, on peut noter que certaines tribus gauloises avaient un roi, d’autres avaient un chef et d’autres encore étaient dirigées par un conseil. Entre tribus, les désaccords étaient nombreux et les guerres très fréquentes car bien entendu, les dirigeants rêvaient toujours de dominer un plus grand territoire… le pouvoir appelle le pouvoir !

Mais ce qui est intéressant, c’est que dans la majorité des tribus « gauloises », le statut de chef était plutôt honorifique et ne représentait en aucun cas une autorité suprême. Le pouvoir était partagé entre chaque chef de village, et les grandes décisions étaient prises lors d’un conseil qui avait lieu dans la capitale locale. De facto, le dirigeant de ladite capitale avait souvent bien plus de pouvoir que les autres et, en cas de conflit, c’était généralement lui qui prenait la tête de l’armée tribale.

Dans certaines périodes de leur histoire, comme lors de la fameuse prise de Rome ou encore dans les résistances contre Jules César, les Celtes de Gaule ont été fédérés par des chefs qui, la plupart du temps, étaient déjà à la tête d’une tribu. Ce fut justement le cas de Vercingétorix, roi des Arvernes, ou encore de Brennus, chef des Sénons. Finalement, il n’y a pas à dire : même 2 000 ans auparavant, c’était toujours les mêmes qui nous gouvernaient !

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