Les Aztèques buvaient un étrange alcool, le pulque

Quand on pense aux boissons pré-hispaniques, le mot qui nous revient le plus souvent est « chocolat ». Mais qu’en était-t-il de l’alcool, dans l’histoire de ces civilisations ? Que buvait le peuple, et dans quelles circonstances ? Vous allez découvrir que l’alcool occupait une place très importante, mais aussi très spéciale dans la culture aztèque !

A quoi ressemblaient leurs boissons ?

L’alcool le plus consommé par les Aztèques était l’octli, plus connu sous le nom de pulque (à prononcer « poulqué »). Cette boisson laiteuse est obtenue grâce à la fermentation du suc de l’agave, une plante très courante en Amérique Centrale.

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Des Aztèques boivent du pulque pour fêter une naissance

Il s’agit d’un breuvage assez faiblement alcoolisé, assez comparable à la bière. En règle générale, il avoisine les 6 degrés. Très estimée parmi les Aztèques, cette boisson était considérée comme sacrée.

On la buvait lors de rituels, notamment pour fêter un événement religieux comme la naissance d’un enfant. Le pulque était souvent associée au dieu Quetzalcoatl (le serpent à plumes), le plus important de leur mythologie. A plus faible mesure, les Aztèques buvaient également divers autres alcools ; certains étaient même faits à base de cactus.

Effectivement, on est (vraiment) très loin du vin Bordeaux !

Et la loi, dans tout ça ?

En fait, l’alcool faisait l’objet d’une réglementation très stricte dans la civilisation aztèque. Il faut savoir que la boisson était normalement réservée aux jours de fêtes, et elle avait toujours une dimension religieuse. Seuls les plus de 70 ans étaient autorisés à boire de l’alcool en dehors des cérémonies.

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Une vieille dame se fait servir du pulque

Mais attention : si la boisson était tolérée pour les anciens, l’ébriété ne l’était pas ! Les Aztèques étaient un peuple particulièrement humble et modéré, qui n’acceptait pas les excès.

Seuls certains rares rituels impliquaient « l’ivresse collective », y compris des plus jeunes. Ils avaient généralement lieu une fois par ans, et se faisaient appeler « le pulque des enfants ».

En dehors de ces exceptions, la sanction pour les jeunes surpris en état d’ivresse était la mort. Pour les plus anciens, la sentence était un peu plus clémente.

Vu de cette manière, bien que l’alcool était présent chez les Aztèques, leur mode de consommation était très proche de la prohibition.

Pourquoi des mesures aussi draconiennes ?

Ce qui est intéressant, c’est que l’on trouve dans ces lois un net contraste avec la mythologie aztèque.En effet, en plus de Quetzalcoatl, il existait un dieu spécifique du pulque et de l’ivresse, que l’on nommait Tepoztecatl. Ce dernier pouvait être représenté sous la forme d’un lapin.

Tepoztecatl, dieu de l’ivresse et du pulque

On pourrait tout à fait l’apparenter au dieu romain Bacchus, ou au dieu grec Dionysos. Aussi, l’ivresse est une notion omniprésente dans leur cycle mythologique, et l’on y retrouve de nombreuses allusions au sein des codex religieux.

C’est certainement parce qu’il s’agissait d’un élément sacré que cet aspect était aussi contrôlé. Un verre de  trop, et c’était la colère des dieux assurée !

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